HISTOIRE : LE HINDENBURG, FOSSOYEUR DU DIRIGEABLE.

Malgré son apparence de suppositoire aérien, le dirigeable aurait pu connaître un franc succès du fait de sa faible consommation d’énergie et son potentiel en termes de prestations.
C’était sans compter sur le célèbre accident du LZ-129 Hindenburg, qui va définitivement enterrer l’industrie du Zeppelin.
Embarquez avec moi pour une des plus célèbre défaite du national-socialisme à l
a sauce Michael Bay
!

Pour commencer mes petits chorizo au miel, je vous invite à visionner l’impressionnante vidéo de l’accident ci-dessous.
En effet, si l’histoire du Hindenburg est aussi célèbre, c’est notamment car elle fut filmée par des caméras du monde entier.
Ces images spectaculaires feront le tour de la planète et viendront consolider son statut de catastrophe historique, au côté du naufrage du Titanic et du score électoral de Valérie Pécresse.

« Ah ben il va beaucoup moins bien marcher maintenant ! »

L’ESSOR DU DIRIGEABLE

Je vous présente, non pas le maréchal Pétain (même si je vous accorde la ressemblance), mais Ferdinand Von Zeppelin.

Ferdinand Von Zeppelin
(1838-1917)

Cet ingénieur militaire allemand est l’heureux papa d’un très beau bébé de 245 mètres et 118 tonnes qu’il baptise modestement LZ1 et qui effectue son vol inaugural le 2 juillet 1900 en Allemagne, au-dessus du lac de Constance, devant une foule enthousiaste.
Malgré son design aussi élégant que le langage d’Afida Turner, le dirigeable possède néanmoins de vraies qualités !
Contrairement aux avions, la sustentation de l’engin se fait sans aucune difficulté grâce à sa forme aérodynamique capable de fendre le rectum l’air de façon optimale.
Très peu gourmand en carburant, il se base sur le principe physique que l’hélium ou l’hydrogène, plus légers que l’air, vont élever l’engin.
Seuls de petits moteurs permettant la propulsion de l’appareil nécessitent de l’énergie.
Sans parler de la pollution sonore quasi inexistante.
C’est donc naturellement que l’on prévoit à ce moyen de transport économo-écologique de beaux jours dans l’industrie du voyage.

Entre 1914 et 1918, loin des tranchées et du gaz moutarde, de nombreux Zeppelins accomplissent des centaines de missions militaires : de la simple reconnaissance aérienne aux lâchers de bombes sur la tête des Anglais (qui sont immortels puisqu’ils ont survécu à la gelée à la menthe).

UN ÂGE D’OR

Ferdinand Von Zeppelin, lui, n’est pas éternel et meurt en 1917.
C’est le docteur Hugo Eckener qui prend la tête de la compagnie Zeppelin.
Et laissez moi vous dire mes chouquettes à l’anis, que ce monsieur n’était pas n’importe qui.
Pilote d’avions et de dirigeables décoré, il est si farouchement opposé à l’avènement du national-socialisme, qu’on lui demande de se présenter face à un moustachu antisémite aussi rageux qu’un joueur de Fortnite : Adolf Hitler.
Il décline mais soutient la candidature des adversaires du futur Chancelier, ce qu’on ne manquera pas de lui faire gentiment regretter quand les nazis arriveront au pouvoir en 1933.
Il finira sa vie par l’écriture de la biographie du comte Zeppelin.

Mais trêves de digressions… vous attendez l’explosion.
Patience mes petites huîtres au citron ! Tout vient à point à qui sait se détendre…

Entre les deux guerres mondiales, de nombreuses nations comme les français, les américains, les italiens et les anglais tentent de développer des dirigeables plus grands, plus rapides et plus fiables.
C’est ainsi que tout naturellement, on pense au Zeppelin pour l’industrie du tourisme.
Le XXème siècle n’étant pas enclin à la sobriété, le dirigeable se dirige peu à peu vers son destin de paquebot géant aux prestations de luxe.
Toutefois, le Zeppelin présente quand même quelques défauts qui vont s’avérer fatalement déterminants pour le Hindenburg et son embrasement inopiné.

  • Primo : L’hélium ne pousse pas sur les arbres et à l’époque, les seuls producteurs sont les USA.
    Pas très prêteurs, l’exportation d’hélium est très restreinte et s’avère onéreuse.
    “Pas de soucis, utilisons de l’hydrogène !” se disent alors les ingénieurs.

Il faut savoir que l’hydrogène a une légère tendance à être aussi inflammable que l’haleine de Renaud.
Voyez plutôt.
Vas-y clique ! Ça mord pas.

Donc en mettre des tonnes dans un ballon avant de le lâcher dans le ciel azuréen semble assez audacieux.

  • Secondo : Rempli d’hydrogène inflammable et pourvu de petits moteurs, le Zeppelin est strictement assujetti aux caprices météorologiques.
    Difficile dans ces conditions de promettre un voyage en temps et en heure…
    Oui… La SNCF ne s’en prive pas, mais ce n’est pas un exemple.

LE HINDENBURG

1929 : Contrairement aux actionnaires de Wall Street, victimes du Krach boursier, qui préfèrent rejoindre le sol à grande vitesse, le Zeppelin LZ-127 lui, s’envole.
Il réussit l’exploit d’un tour du monde avec traversée du Pacifique sans escale !
Un voyage de 10 000 kilomètres en 3 jours, soit 10 millions d’allers-retours canapé-fauteuil !
Prenant la confiance, la firme Zeppelin engage la construction de notre fameux Hindenburg !

C’est le 04 mars 1936 que se déroule son vol inaugural.
Avec ces 150 mètres de long, 45 mètres de large et de haut, ce Zeppelin devient la plus grande machine volante jamais construite.
Les prestations à bord n’ont rien à envier au Titanic puisque les passagers disposent de cabines privatives avec l’eau courante, plusieurs salons, un restaurant, des douches luxueuses au pont inférieur…
A noter que notre ballon dispose aussi d’un fumoir.
Conçu dans une pièce sécurisée par un système de surpression, il est constamment surveillé par un membre de l’équipage, détenteur de l’unique briquet à bord.
La sécurité est renforcée et l’hydrogène est stocké dans des cellules protectrices découpées en 16 ballonnets.


Fasciné par tant de faste et de puissance, le nazisme veut en faire son ambassadeur autour du monde pour distribuer autre chose que des ferrero rochers…
Goebbels, ministre de la propagande a même proposé que le dirigeable soit re-nommé Adolf Hitler.
Celui-ci, sans doute mû par sa légendaire modestie… refuse mais souhaite que des croix gammées soient visibles près du gouvernail.

Notre suppositoire volant entame alors 14 mois de service actif, cumulant près de 330 000 kilomètres en une soixantaine de voyages !
On peut dire qu’il a fait ses preuves.

KABOOM !

Tout aussi sécurisé qu’il soit, le Hindenburg reste quand même… une bombe volante.
Qu’importe.
Le 3 mai 1937, il décolle de Saucisseville (alias Francfort), direction la ville de Lakehurst sur la côte Est des Etats-Unis.
A son bord, les 36 passagers et les 61 membres d’équipage sont fascinés par la vue offerte par ses grandes baies vitrées.
Les 3 premiers jours de voyage se déroulent sans incident, mis à part un léger retard dû aux mauvaises conditions météo.

Jeudi 06 Mai : Arrivé à destination, le Hindenburg peine à se poser.
Initialement prévue tôt le matin, le Zeppelin n’amorce sa descente qu’à 17h15 suite à un orage menaçant.
L’équipage est fébrile, le Hindenburg prend beaucoup de retard et risque de compromettre son prochain voyage.
En effet, 70 passagers l’attendent pour se rendre à Londres et assister au couronnement du Roi George VI, qui risque de ne pas les attendre.
Le vent est encore capricieux, mais pour gagner du temps, le commandant va négliger une règle de prudence : il fait des virages serrés, manoeuvre aussi fortement déconseillée qu’un créneau sous LSD.
Il fait lâcher les cordes devant une foule au sol de près de 200 personnes composée de badauds mais aussi d’officiels, de caméramans et de journalistes.
Ils l’ignorent encore, mais le spectacle sera bien plus  impressionnant et dramatique que prévu.

A 18h25 précises, des flammes jaillissent à l’arrière du dirigeable.
Il ne lui faudra que 34 secondes pour être entièrement détruit.
Malgré la violence des images, les 2 tiers des passagers ont survécu ce qui ne fut pas le cas au sol…
En tout, 36 personnes trouvent la mort.

WARUM ?

Evidemment, la première cause suspectée fut un attentat, destiné à fragiliser l’image du nazisme aux yeux du monde.
Cette théorie fut vite abandonnée en l’absence de preuves et de revendication par d’éventuels auteurs.

Ne reste alors que la cause accidentelle avec quelques hypothèses
Les virages serrés ont pu couper un câble qui, claquant tel un élastique sur des fesses potelées, aurait déchiré un ballonnet d’hydrogène qui serait entré en contact avec l’air.
Et ça, ça fait boom.
L’électricité statique dû à l’orage aurait-elle déclenché une étincelle ?
Contrairement à la décérébration de Donald Trump, aucune de ces théories n’a  pu vraiment être prouvée.

CONCLUSION :

La catastrophe filmée en direct du Hindenburg  est reconnue comme le premier scoop de l’histoire !

A tort ou à raison, elle mettra totalement fin à l’industrie du dirigeable et participera (un peu) à porter un coup au nazisme qui, de manière générale, est quelque peu intolérant à la frustration.

Ce pitch touche à sa fin, veuillez attendre l’arrêt complet du texte avant de descendre de l’article.
Nous espérons que vous avez passé un agréable voyage et souhaitons vous revoir au plus tôt sur Pitchbull Airlines, la compagnie qui vous fait voyager sans bouger de votre chaise.
Parce la culture, c’est beau et ça sent bon le sable chaud.

Jasmine.B (Shampouineuse de hipsters à Menton)

[NDLR] : Mama Pitch comprend qu’il est facile d’oublier de laisser un like, un mot et surtout de partager, mais pensez-y, ça fait plaisir, ça combat le découragement et tond les pelouses.

LIENS

Lecture :

Audio :

Vidéo :

BONUS :
On ne pouvait décemment pas parler du Zeppelin sans s’écouter une chanson du groupe éponyme « Led Zeppelin« . Alors la voilà ! : « Led Zeppelin – Immigrant Song (Official Audio)« 

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