ART : Docteur Salvador et Mister Dali

Si je dis Salvador Dali, ce sont ces fameuses moustaches qui viennent vous percuter comme un orteil sur une table basse. Mais Dali, c’est plus que ses illustres poils, c’est avant-tout un personnage, une oeuvre, une marque.
Mama Pitch vous emmène rencontrer cet artiste à la modestie… défaillante.
En route pour une balade surréaliste !

Avignon, quelque part dans l’année 1991…

– Papa : “Habilles-toi, on va voir l’exposition de Dali”
– Mini Mama Pitch : “C’est qui ça ?”
– Papa : “C’est un peintre”
– Mini Mama Pitch, levant les yeux au ciel : “Mais c’est nul ça ! Je veux jouer à la Nintendo.”
– Papa : “Tu verras, c’est marrant. Et puis… à quel moment je t’ai laissé penser que tu avais le choix ?”

Merci Papa, vraiment.
Ce jour-là, j’ai rencontré la folie et la liberté de l’art de Dali… Entre les montres fondues et le téléphone homard, j’en ai pris plein les mirettes.

LE BROUILLON AVANT LE CHEF-D’OEUVRE

En pays Catalan, dans la ville de Figueras, Salvador et Felipa forment un couple qui nage dans le bonheur puisqu’ils viennent de donner naissance à un petit garçon nommé Salvador.
Malheureusement, ce bonheur fut aussi court que la carrière politique d’Asselineau.
A seulement 3 ans, Salvador n°1 meurt d’une gastro-entérite infectieuse.
Les parents dévastés décident alors de faire marcher la garantie et reçoivent 9 mois plus tard, un nouveau modèle de Salvador, une sorte de version 2.0.

C’est ainsi que naquit notre fantasque moustachu, le 11 mai 1904.

Bon perso dans ma tête, ça donne ça.

Salvador est alors choyé et couvé par ses parents qui pour ses 5 ans, lui présentèrent la tombe de son frère, lui annonçant qu’il en était la réincarnation.
Cette douteuse révélation créera chez Dali, un besoin viscéral de marquer sa différence, d’être singulier, d’être… lui.

« Je naquis double. Mon frère, premier essai de moi-même, génie extrême et donc non viable, avait tout de même vécu sept ans avant que les circuits accélérés de son cerveau ne prennent feu.”  -Salvador Dali-

DES ETUDES POUSSEES POUSSIVES

Côté parents, Salvador oscille entre le caractère autoritaire de son père et la douceur de sa mère qui sent là les prémices d’un grand bonhomme et lui passe tout : crises de colère, mensonges, tendance à mélanger réel et rêve…
Et pas de Super Nanny pour afficher les règles au scotch sur le mur.
Et Dieu merci.
En vérité, cette personnalité fantasque ne fait que confirmer ce que ses parents savent déjà : Salvador est un artiste.

Sa mère l’encourage dans cette voie et son père suit.
Mais si les encouragements suffisaient, il n’y aurait pas besoin de casques bleus.
Aussi, c’est donc logiquement que la scolarité primaire de Dali est un fiasco.
Incapable de se plier à la moindre autorité extérieure, il n’en fait qu’a son énorme tête.
Si cela s’arrange au collège puis au lycée de Figueras, c’est uniquement parce qu’il souhaite engranger le plus de connaissances possible, dans le but de pouvoir les déconstruire.
C’est durant ses années lycée que Salvador publie ses premiers écrits dans la revue Stadium qu’il a créée avec ses amis, mais aussi et surtout, participe à sa première exposition collective au Théâtre municipal de Figueras.

En 1920, alors qu’il est âgé de 16 ans, son père commence à s’impatienter.
S’il soutient les ambitions artistiques de son fils à grand renfort de cours de peinture et autre exposition dans la maison familiale, il ne supporte plus son oisiveté.
Il lui annonce qu’il soutiendra cette vocation à la condition qu’il parte étudier aux Beaux-Arts de Madrid.
Dali…aux Beaux-Arts ? Autant envoyer Mimie Mathy faire du basket….
En 1921, Dali perd sa mère. Une cicatrice à vif, dont il ne parlera que très peu. C’est vous dire.

PAS D’EGO SANS BOBO

Bon, on va pas se le cacher, Dali et les Beaux-Arts, ce fut un échec presque aussi prévisible qu’une mauvaise citation journalière sur Facebook.
Retors, le garçon va néanmoins nouer des amitiés qui vont doper son potentiel créatif.
C’est en effet à la résidence étudiante des Beaux-Arts de Madrid qu’il rencontre le futur réalisateur Luis Buñuel et l’artiste Federico García Lorca.
Et pendant qu’il s’essaie au cubisme dans lequel il excelle sans pour autant rien y comprendre, son égo continue son régime hyperprotéiné et prend de la masse.
Dali n’obtiendra (bien sûr) pas son diplôme des Beaux-Arts, exclu de l’école lors de son examen.
Pourquoi ?
Et bien, il se peut légèrement que ce fieffé Salvador ait mis les burnes du jury à l’envers en déclarant qu’il n’y avait là aucune personne assez compétente pour le juger.
Et ce, sans trembler des genoux. 

Son narcissisme étant à présent de la taille de l’Alaska, il peut alors commencer sa recherche picturale tout en cultivant ce personnage à la mégalomanie “légèrement” exubérante.
Si certains en sont friands, d’autres vivent ça comme une gueule de bois dans une classe de maternelle.
Mais tous s’accordent en revanche à saluer son incroyable maîtrise technique, sa minutie et son souci du détail.
Se comparant aux peintres qu’il admire comme De Vinci, Velasquez ou Rafael, il s’attire les foudres du monde très fermé du marché de l’art.

Mais Dali étant ce qu’il est, il s’en bat royalement la stachemou.

EXPORT

En 1929, Dali et la quinzaine de grosses malles que nécessitent son égo s’installent à Paris. Il y rencontre alors Picasso auquel il accorde un génie au moins égal au sien…
Bon. Un c’est toujours mieux que rien.
Mais aussi et surtout, il intègre le fameux groupe des “Surréalistes”, sorte de Boys Band syndicalistes de l’art dont le manager se nomme André Breton (rien à voir avec les palets).
Pour résumer : le surréalisme montre une réelle animosité envers la bourgeoisie à laquelle elle reproche l’avilissement de l’âme par la quête constante de matérialisme et la souffrance psychique qui en découle.
Il cherchent donc à briser le cadre moral par une forme d’anti-art.

[NDLR : Attention mes petits pains à l’ail ! Le mouvement surréaliste ne compte que des peintres figuratifs. Il n’y a aucune place pour l’abstraction dans ce mouvement.]

En bref, le travail de Dali fascine. En associant des influences académiques classiques et d’avant-garde, il se crée alors un style réellement personnel. La base d’un artiste en construction.
Si Breton lui reconnaît un talent certain, les incessantes frasques de Dali et ses phrases chocs manquant clairement d’une dose de modestie commencent à lui porter sur le muffin.

[…]Si je me compare à mes contemporains, je suis évidemment de beaucoup le meilleur.
Pas parce que je suis très bon, mais parce que les autres sont tellement mauvais
.” -Salvador Dali-

Lors d’un voyage à Londres, il fait la connaissance de Sigmund Freud (dont je vous parle d’ailleurs ici) par l’intermédiaire d’un autre grand bonhomme : Stephan Zweig.
Pourtant habitué aux artistes déjantés et excentriques qui passent régulièrement sa porte, notre psychanalyste cocaïnomane est profondément intrigué par l’art et la pensée opaque de Salvador Dali.
L’artiste catalan, quant à lui, est réellement fasciné par les travaux du médecin viennois sur l’interprétation des rêves et leur mécanique.
Dali, encore une fois, défie toute logique en sortant du psy, plus fou qu’à l’entrée.

MY ART WILL GO ON

Dès 1930, Dali devient un personnage public. Médiatiquement dorénavant, il faudra compter avec lui. Il enchaîne projets et rencontres avec d’autres artistes à un rythme quasi frénétique.
C’est à l’occasion d’un week-end avec André Breton, Paul Eluard et leurs épouses respectives, qu’il trouvera l’amour de sa vie qui fera partie intégrante de cette personnalité si médiatisée.
En effet, il tombe immédiatement sous le charme de l’épouse d’Eluard : Héléna dite “Gala” qu’il épouse en 1934.

Passons sur le côté filsdeputerie Dalinienne de la chose pour reconnaître qu’il en fera sa muse et qu’aucune autre ne trouvera place dans son coeur jusqu’à sa mort.

L’amour lui donnant visiblement des ailes, son égo double de volume et ses apparitions deviennent de plus en plus fracassantes : balade de tamanoir au métro Bastille, exhibition d’un pain de 12 mètres à la foire de Paris, ou encore une distribution de choux-fleurs en Rolls-Royce à la Sorbonne.

C’est aussi à cette période qu’il développe sa méthode dite de la “paranoïaque critique”.
Et Mama Pitch vous avoue qu’après la lecture de nombreuses définitions, elle n’y a rien bité.
Mais comme vous êtes des petits malins, je vous laisserais découvrir cela dans les liens.

En personnage incontournable, il multiplie les collaborations aussi vite que Jésus les pains.

Bunuel, Hitchcock, Jodorowsky et Disney pour le cinéma, Chanel et Christian Dior pour la mode, Lanvin ou Chupa-Chups pour les enseignes.
Dali devient une marque, avec ses dérives et… ses produits dérivés.
Et c’est là que le bat va blesser. En effet, le surréalisme se révèle incompatible avec la marchandisation à outrance de la pensée créative.
Breton, décide de l’exclure du club des surréalistes.
Dali lui répondra tout naturellement par un strip-tease déguisé en malade.
Il lui est aussi reproché certaines de ses opinions politiques. En effet, notre excentrique semble développer une certaine fascination pour le franquisme et le nazisme.
Difficile néanmoins de déterminer s’il cherche seulement à créer le buzz ou si comme il le déclare Tonton Adolf est un modèle de « […] charisme et d’esthétique érotique […] ».


Dès lors, mes petites quenelles aux champignons, ses interviews deviennent délirantes.
Le discours est opaque, sa mégalomanie explose au visage du monde entier.
Et soyons honnête, aussi sûr qu’avec Zemmour, les médias en redemandent.

MONEY, MONEY, MONEY

En 1940, alors que l’Europe s’embrase, Gala et lui posent leur baluchon aux Etats-Unis. Le succès est immédiat.
Le considérant comme LE seul artiste surréaliste, le marché de l’art américain lui déroule le tapis rouge.
Les dollars poussent comme des choux-fleurs, et Dali aime cela.
André Breton, qui décidément ne veut pas passer à autre chose, lui dédie une anagramme parfaite de “Salvador Dali” et l’affuble du surnom de : “Davida Dollars”
C’est à peine si notre mégalomane en a vent, trop occupé qu’il est à nager dans le dollar.

RETOUR AU PAYS

Les strass et les paillettes finissant par le lasser, ses racines se rappellent à lui.
Agé de 52 ans, Dali et son épouse Gala retournent s’installer en Espagne où il entame la dernière partie de sa vie, son oeuvre.
Il embrasse alors un retour au classicisme dans sa peinture auquel il ajoute la notion de… « mysticisme corpusculaire ».


En 1950, à la demande du maire de Figueras, il entame la construction du fameux “Musée Dali” qu’il conçoit comme une oeuvre grandiose, curieux mélange entre forteresse et théâtre. A son image donc.
Ce sera là son dernier grand projet.
Dali développe en 1980 les premiers signes de la maladie de Parkinson et doit donc mettre fin à ses travaux picturaux dont la minutie interdit toute inexactitude.
C’est donc seul avec Gala qu’il glisse progressivement vers la fin du spectacle qui survient le 23 janvier 1989, à l’âge de 84 ans.

Il est alors inhumé dans la crypte du musée Dali, régnant en maître éternel sur sa dernière oeuvre.

POUR CONCLURE

Comme il se plaisait à le dire, la plus grande oeuvre de Salvador… c’est Dali.
Communicant de génie ou définitivement atteint de la toiture, que l’on aime ou pas, Salvador Dali ne laisse personne indifférent.
Mais je vous pose la question mes petits margoulins aux pommes, n’est-ce pas là l’essence-même d’un artiste ?

Ce pitch de retour touche à sa fin, nous espérons que vous avez passé un agréable moment sur notre vol « Big Melon Airlines » et nous vous invitons à emprunter les liens de secours situés au bas de cette page.
Parce que Pitchbull, c’est aller toujours plus loin…tout en polluant moins !

Jasmine.B (Jockey à Broadway)

[NDLR] : Mama Pitch comprend qu’il est facile d’oublier de laisser un like, un mot et surtout de partager, mais pensez-y, ça fait plaisir, ça combat le découragement et ramène la paix au sein de la galaxie.

LIENS

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